interview de Jospin sur RTL, le retour de YO-YO...
Jean-Michel Aphatie a recu ce matin Lionel Jospin sur RTL, voici 1 extrait révélateur du manque d'idée au PS; il tire à boulet rouge sur Nicolas Sarkosy et pour cause, dès que jean michel aphatie aborde le cas de Ségoléne Royale, yo-yo se n'a plus grand chose à dire... Lionel Jospin : Bonjour. Retrouvez l'intégralité de l'interview : http://www.rtl.fr/info/chroniques/chroniquesint.asp?dicid=512692&rubid=17311
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- Depuis le début de sa campagne, régulièrement Nicolas Sarkozy cite Jean Jaurès, Léon Blum dans ses discours. Des responsables de Gauche s'offusquent de ces emprunts à leur histoire par le ministre de l'Intérieur. Etes-vous choqué, vous, Lionel Jospin ?
Non, ça m'intéresse, parce que ça montre que Nicolas Sarkozy ne peut pas se présenter devant les Français dans une campagne sans essayer de se référer, d'attirer à lui d'immenses figures de la Gauche.
- C'est plutôt... Voilà.
Oui, comme vous le dites très bien. C'est plutôt le signe que ces hommes ont marqué l'Histoire de même que la Gauche a marqué l'Histoire de ce pays. La manipulation commence lorsqu'il essaie de tourner ces figures contre nous, contre la Gauche, parce qu'à cet égard, il n'y a rien de changé. La Droite d'hier calomniait Jaurès et Blum, et on sait de quelle façon, de la même manière que l'homme de Droite, Sarkozy aujourd'hui, dénigre la Gauche.
- Mais en quoi est-ce qu'il dénigre...
Donc, il aime la Gauche d'hier. Il n'aime pas la Gauche d'aujourd'hui. On est là dans un classique.
- Mais en quoi y a-t-il détournement en citant Jaurès ?
Mais je viens de vous répondre. Je ne vais pas répéter deux fois cette question.
- Oui, mais qu'est-ce qui vous choque dans l'utilisation de ces figures ?
Moi, une des raisons pour lesquelles j'ai eu envie d'intervenir ce matin, c'est que je trouve que le numéro de monsieur Sarkozy sur le travail et les travailleurs, et en passant les critiques qu'il fait à la Gauche à cet égard, dépasse les limites de la décence et surtout du sérieux. J'ai entendu, l'autre jour, et ça a été une de mes motivations vraiment pour venir ce matin, alors que vous m'aviez invité il y a déjà un certain temps...
- ... Nous avions déjà un dialogue antérieur.
Absolument. Je l'ai entendu dire : "La vraie Gauche, la Gauche de Blum, parlait aux travailleurs, aimait le travail. La Gauche d'aujourd'hui - la Gauche de Jospin, la Gauche de Ségolène Royal - parle de statut, fait les 35 heures parce qu'elle n'aime pas le travail". Alors, cette critique ne s'adresse pas à Ségolène Royal puisqu'elle a mis le travail au centre de ses préoccupations dès le début de sa campagne.
Cette critique s'adresse encore moins à moi, qui détiens le record pour un gouvernement - et en cinq ans - de création d'emplois en France depuis la guerre, y compris plus que pendant les Trente Glorieuses. Sous mon gouvernement, on a créé 2 millions d'emplois - 400.000 emplois par an -, et on a fait baisser le chômage.
Et enfin, se réclamer de Blum qui aime le travail pour critiquer les 35 heures quand tous ceux qui se souviennent du Front populaire et de Blum et en particulier, les travailleurs savent que Blum est l'homme des 40 heures et des congés payés : avouez que c'est drôle ! Mais comme c'est drôle, ça veut dire que c'est pas du tout sérieux.
Le reproche que fait Nicolas Sarkozy aux 35 heures notamment, c'est d'avoir découragé les gens de travailler davantage ; et ce qu'il veut, lui, dit-il : "Je veux autoriser les gens à s'affranchir des 35 heures et leur permettre notamment, dit-il, de travailler plus pour gagner plus". Même si je suis poussé par un mouvement un petit peu d'indignation, je ne suis pas venu, ici, pour polémiquer, je suis venu pour essayer de traiter le problème de fond. Et je partirai de la déclaration de M. Sarkozy puisqu'il dit : "les statuts, la Gauche parle des statuts, fait les 35 heures". Si vous le voulez bien, je voudrai dire un mot des statuts, puis ensuite je parlerai des 35 heures.
L'agressivité ou l'hostilité de M. Sarkozy à l'égard de ce qu'il appelle les statuts est à mon sens assez révélatrice parce que ça représente quoi les statuts dont il parle de façon méprisante pour les travailleurs ? Ca représente la sécurité. Ca représente la stabilité. Les ouvriers, les employés, les enseignants, les cheminots, ils n'ont pas de parachute doré, ils n'ont pas de "golden parachute". Leur parachute, leur sécurité, c'est le statut. Dans les entreprises publiques, naturellement, ça les protège. Et dans le secteur privé, me direz-vous, c'est quoi le statut ? Il n'y a pas de statut ; mais c'est le contrat. Et évidemment, si on a un contrat à durée indéterminée, on est plus protégé que si on a un emploi précaire ou même un contrat à durée déterminée. Or, les propositions de Nicolas Sarkozy visent sous le vocable contrat unique...
- Nous avons beaucoup parlé de la campagne de Nicolas Sarkozy...
Non, non, non... On n'a pas parlé de la campagne... Je n'ai pas dit un mot sur la... J'ai dit un mot sur la campagne de Nicolas Sarkozy...
- Nous avons beaucoup parlé de Nicolas Sarkozy, d'accord ?
Non. On a beaucoup parlé ... Non. On a beaucoup parlé du travail, de l'emploi, des 35 heures, des statuts, de ce que ça représente, c'est-à-dire de questions de fond dans la vie des travailleurs et on a parlé à propos d'une déclaration fallacieuse de M. Nicolas Sarkozy. Voilà la réalité de notre entretien.
- D'accord. Alors, je voulais juste faire une petite transition.
Oui.
- Qu'est-ce qui ne va pas dans la campagne de Ségolène Royal, Lionel Jospin ?
Mais Ségolène Royal a déterminé une stratégie, un calendrier et une méthode. Elle s'y tient ; et cela est bien. Qu'elle s'y tienne. Elle est dans sa logique.